Podcaster votre visite !





  • Accès : On approche la tourelle du château La Clotte par le chemin entre les vignes, bordé d’un muret, qui part en bas de la place Bouqueyre ou, en haut, depuis la porte Brunet.

Elle est bien curieuse cette tour isolée entre les rangs de vigne sur le flanc du vallon de Fongaban. Ouvrage avancé des fortifications de la cité à l’imitation de la tour du Guetteur, sa voisine, ou reste unique d’un château médiéval aux portes de Saint-Emilion ?

Ni l’un, ni l’autre. Ce curieux édifice est une tour néo-gothique construite dans le style troubadour qui prévalait au tout début du XXe siècle. Cette fantaisie de pierre joue sur l’aspect de la falaise et de la terrasse calcaire sur laquelle elle est installée, donnant l’impression qu’elle défend un rempart. En réalité, elle ne défend pas grand-chose, elle veille juste sur les deux tilleuls centenaires du château La Clotte, c'est-à-dire de la bâtisse en contrebas.

Etiquette de vin du chateau La Clotte Mais elle assure au vignoble une image de marque, une touche de noblesse médiévale, clin d’œil à la dynastie d’ Archambault et au marquis de Grailly, qui vendit ce vignoble à Sylvain Chailleau en 1912, après une longue possession depuis le XVIe siècle. Il céda à son tour les vignes à son fils Georges Chailleau en 1931. Ce dernier, ancien tailleur, devint en 1948 le premier Grand vinetier de la Jurade[1]. On doit à ce personnage haut en couleur un sens très particulier de la communication, « la propagande » comme on disait autrefois, dont cette étiquette de vin est un exemple insolite et amusant.

Pas de château, mais des souterrains.

Alors s’il n’y a jamais eu de véritable château et de domaine de La Clotte, d’où le vignoble tient-il son nom ? Des grottes qui percent son sous-sol tout simplement. En gascon, une clotte désigne une petite grotte. Et sous cette tour, de profonds souterrains abritent les caves et un ancien habitat troglodyte, visible depuis la route vers la vallée en contrebas et qui sert maintenant de salon de dégustation.

Vue de La Clotte te son vignoble.Cliché ci-contre : Olivier Boisseau.

Accessoirement la tour dont le sommet est aménagé a une fonction utile : celle de surveiller les travaux dans les vignes. Cette bâtisse suit une tradition bien répandue dans le vignoble aquitain, qui consiste à élever une construction permettant de prendre de la hauteur sur les vignes. On connaît la motivation pratique de telles tours, à savoir embrasser en un seul regard l’ensemble de sa propriété, et on devine l’aspect symbolique : signifier que la propriété appartient à un puissant notable capable de s’élever au dessus du commun des mortels. Mais on ignore souvent les raisons religieuses de ces tours. Or voici ce qui est dit dans l’évangile selon Marc, au premier verset du douzième chapitre :

« Jésus se mit ensuite à leur parler en paraboles. Un homme planta une vigne. Il l'entoura d'une haie, creusa un pressoir, et bâtit une tour ; puis il l'afferma à des vignerons, et quitta le pays. »

La sagesse vigneronne dirait que, à défaut de bien comprendre le sens de la parabole, si l’on veut que Dieu veille sur la vigne, mieux vaut la doter d’une tour. Pour d'autres enfin, pour ceux qui croient en la présence du Graal à Saint-Emilion, cette tour est une des pièces du puzzle dans la compréhension de l'énigme sacrée. On lui voudrait un air de ressemblance avec la tour Magdala construite par l'abbé Saunière à Rennes-le-Château.

Vers le site du Château La Clotte

Le Guide de Saint-Emilion

Aidez nous à maintenir le site ouvert à tous, sans publicité et gratuit.
Commandez notre guide de Saint-Emilion (12€, envoi gratuit) au format pratique et tout en couleur.
Ou faites un don de quelques euros en cliquant sur le lien dans la colonne de droite.

Merci, et n'oubliez pas de passer nous voir à la Librairie des colporteurs, 5 rue de Thau à Saint-Emilion.

Des questions ? Ecrivez nous !

Note

[1] Du coup, la place devant la porte Brunet a été rebaptisée de cette fonction.