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  • Accès : la maison de la Cadène se situe à gauche de l'intersection de la rue guadet et le la rue de la Cadène, une ruelle abrupte qui descend sur la place du marché.

Ce qu’on a pris l’habitude d’appeler la « maison de la Cadène », du nom de l’emplacement où elle se situe et que l'on nommait autrefois « la maison Coste », n’est pas à l’origine un élément architectural isolé. En effet, le percement de la rue Guadet pour offrir la traversée du bourg aux véhicules a détaché cette maison de celle qui se trouve de l’autre coté de la rue et que l’on nomme « la commanderie ». Pour les observateurs du XIXe siècle, ces bâtiments formaient un ensemble homogène et équilibré. Les quelques dessins qu’a laissés Léo Drouyn donnent la mesure du massacre qu’a constitué ici le passage de la route.

Porte et arceau de la Cadène La maison de la Cadène sur sa façade la plus ancienne, au début du XXe siècle. Cliché : Librairie des Colporteurs.

Aujourd’hui, on peut encore avoir l’intuition d’une unité si on descend un peu la rue de la cadène et que l’on observe l’ouverture obstruée, proche de la tour carrée qui reçoit l’arceau. Les vestiges de la fenêtre géminée romane que l’on observe en hauteur ne sont pas sans rappeler les décorations de la commanderie qui, elles-mêmes évoquent celle du palais cardinal. L’unité esthétique de l’ensemble laisse supposer un programme architectural étendu sur toute la cité. Mais la destination de la seule maison de la Cadène, elle, reste un mystère : à quoi pouvait servir un si important complexe de bâtiments qui présente une face romane austère d'un coté et une face plus riante et à pans de bois Renaissance de l'autre ?

Cette façade de bois XVe ou XVIe se situe du côté de la rue de la Cadène qui descend vers la place du marché. Son rez-de-chaussée n’était pas muré tel qu’il paraît aujourd’hui. Il faut aussi lui imaginer ses ouvertures d’origine et un seuil de porte bien au niveau de la rue qui a été creusée depuis. Alors on a une idée de son élégance avec ses deux étages en léger encorbellement[1].

Cette maison à pans de bois est la seule que la ville ait réussi à conserver. Autrefois, elles n’étaient pas rares ; plusieurs égayaient la cité de leurs façades animées de personnages et de végétaux. L’avant dernière encore debout, la maison Troquart, fut détruite lors du percement de la rue Guadet. Celle qui nous reste à contempler offre encore de beaux restes bien que ces derniers soient encore livrés sans protections aux intempéries cruelles. Trois poteaux en bois sont plantés dans le sol et soutiennent les appartements du premier étage. Au sommet des poteaux, des anges fort mutilés se dressent sur des écussons effacés. De chaque coté, deux gueules de monstres mordent une torsade horizontale composée de disques et de feuilles. Aux angles de la frise juste au dessous, des animaux très usés avalent eux aussi une moulures que deux dauphins enlacent avec leur queue en son centre. Cette sculpture décorative compose un jeu sur des influences Renaissance et italiennes. Les étages sont plus classiques, encore que le travail d’étrésillons[2] en croix de Saint-André soit particulièrement remarquables.

La maison possède encore de l’autre coté une remarquable tour polygonale. C’est entre cette tour et la commanderie que se situait le bâtiment de jonction. Voici une astuce pour passer de l’autre coté du mur. Laissez-vous tenter par un café ou une boisson rafraichissante dans le bar qui occupe une partie de l’immeuble. Cela vous donnera le droit d’aller aux toilettes. Poussez alors la lourde porte en bois et bénéficiez ainsi du privilège d’emprunter le bel escalier à vis du XVIeme que contient cette tour.


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Notes

[1] Encorbellement est un dérivé de corbel (corbeau) et signifie le détachement des étages (ici deux étages) en saillie sur le rez-de-chaussée. Outre l'avantage d'agrandir la superficie des étages sur l'emprise au sol, cette technique vise surtout à protéger la façade des eaux de ruissellement.

[2] Les étrésillons sont ces étais en bois qui maintiennent l'écart entre les poteaux.