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  • Accès : l'hospice de la Madeleine est situé dans le bas de la cité, non loin de la place Bouqueyre. On l'atteint par la rue André Loiseau que l'on attrape depuis la Grande fontaine ou tout de suite à gauche en entrant dans la ville par le bas.

La cité de Saint-Emilion, en plus de posséder plusieurs établissements religieux remarquables, était aussi fortement dotée d’établissements hospitaliers : l’hôpital Saint-Julien (peut-être à proximité des Grandes murailles, disparu)[1], l’hôpital de la Gaffelière (au bas de la ville) et l’hôpital de la Madeleine.

Les hospices du Moyen Age, asiles pour pèlerins ou refuges de lépreux et de pestiférés, sont situés de préférence à l’écart des murs de la ville, pour éviter la contamination intra muros. Celui de la Madeleine, occupant dès le XIVe siècle un emplacement proche de la Grande Fontaine[2] , était vraisemblablement plus destiné à l’accueil des blessés et des malades dont la contagion n’était pas à craindre tandis que l’affectation de la Gaffelière est clairement liée à la lèpre, gaffet en gascon signifiant lépreux.

L’Hospice de la Madeleine possédait une chapelle dès 1545, la chapelle Sainte Marguerite et son petit cimetière, situés à l’angle actuel de la rue de la Grande fontaine et de la rue de la Porte Saint Martin[3], aujourd’hui disparue[4]. A cause de sa situation à la fois éloignée de l’hôpital et de son installation dans une rue très passante, sa fréquentation diminua. En 1677, le chapelain se plaint d’être « notablement interrompu pendant la célébration de la Sainte Messe par des blasphèmes ou paroles sales qu’on y entend proférer par des personnes scandaleuses ou ivres qui s’arrêtent tout contre dans la rue et cela principalement les dimanches et fêtes auxquels jours il y a grand concours de paysans. »

Hospice de la Madeleine

A la fin du XVIIe siècle, l’archevêque de Bordeaux Henri de Béthune (1646-1680) ordonne le transfert de la chapelle contre le nouvel hôpital, celui devant lequel vous êtes maintenant. Depuis, la chapelle a été transférée à l’étage, au dessus de l’entrée du musée. Elle offre une jolie charpente en coque de navire et sa présence se signale par son clocheton. La cloche a été retirée et remplacée par un élégant ange blanc dont le style est sujet de nombreuses tentatives de datation par les visiteurs. En réalité, cet ange est une création contemporaine de l’artiste Michel Wohlfahrt dont d’autres oeuvres sont à découvrir au fond d’une galerie souterraine du musée.

Les épidémies de peste ont continué à sévir à Saint-Emilion au XVIIe siècle, obligeant les jurats à fermer les portes de la ville et à s’isoler du reste du monde. L’hôtel dieu de Saint-Emilion faisait en ces temps incertains l’objet d’une attention particulière. La direction de l’hôpital et l’exercice de la charité vont devenir des enjeux âprement disputés par le Chapitre, direction religieuse de Saint-Emilion, opposé à la Jurade, direction civile[5]. L’hôpital sera toujours à l’honneur en 1837, lorsque le docteur et chirurgien Gustave Victor Lafargue inventera des procédés anesthésiques par inoculation d’opium ou de morphine qui attacheront à Saint-Emilion une renommée internationale.

Il servira encore à abriter une garnison américaine à la Libération. Aujourd’hui, le personnel médical a quitté les murs et il nous reste ce large bâtiment à l’élégante façade classique (XVIIe). La porte de gauche (actuelle entrée du musée) servait au service des malades tandis que la porte de réception, surmontée d’une arcade en cul-de-four très pure, ouvre sur un bel escalier qui dessert les étages. Les pièces, chauffées par de nombreuses cheminées assuraient un confort hivernal aux malades. Le parc clos, ombragé par la falaise, aidait à la convalescence tandis que la source d’eau claire procurait une hygiène permanente. L’immeuble qui vient d’être vendu se divise maintenant en appartements de standing.


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Notes

[1] Emilien Piganeau in Bulletin de la Société archéologique de Bordeaux, Tome XXVII, 1905, p. 35.

[2] Le registre de la jurade de Saint-Emilion à la date du 23 janvier 1677 évoque sans trop de précision l’ancien et le nouvel emplacement de l’hôpital. Nos déductions sont faites sur les maigres indications qui y sont données.

[3] Emilien Piganeau situe la chapelle dans la maison d’un peintre en bâtiments où on remarque divers jambages ayant appartenus à une ancienne porte d’église. In Bulletin de la société archéologique de Bordeaux, 1874, p. 51.

[4] La chapelle, vendue à l’époque de la Révolution, existait encore en 1819. Un dessin de cette date, que nous n’avons pas vu, la représenterait à peu près dans son entier.

[5] Philippe Loupès in La religion populaire en Aquitaine, p. 77. Voyez la bibliographie.