- Accès libre. Pour partir à la rencontre des puits et fontaines de la cité, il suffit de vous reporter au plan que nous avons tracé.
Dans la légende de saint Emilian, l’eau joue un rôle essentiel : les eaux d’une source située dans la vallée revinrent sur leurs cours et remontèrent jusqu’à la demeure de l’ermite pour le désaltérer.[1] C’est cette source qui coule toujours dans l’ermitage et qui a de multiples vertus.

Mais il est fort probable que les nombreuses sources de ce qui fut une combe sauvage avant d’être une ville, étaient connues de longue date. Et tout aussi probable que ces sources faisaient l’objet de cultes car elles étaient protégées par des fées ou des esprits. Avant que la religion ne christianise les sources, la population leur accordait déjà des vertus curatives ou des pouvoirs de fécondité.
Il faut dire que le mystère des résurgences pérennes, associé à la nécessité vitale de l’eau, a de quoi provoquer l’émerveillement. Aujourd’hui la proximité de l’eau nous semble assez banale, mais la poésie de l’ aqua simplex est encore fortement présente à Saint-Emilion pour qui sait ouvrir son coeur.[2]
Plusieurs sources furent captées et maîtrisées de longue date, à l’instar des résurgences au fond de l’église souterraine soigneusement drainées. Deux sources furent particulière aménagées : la grande fontaine et la petite fontaine qui alimentent aujourd’hui chacune leur lavoir. Elles se nommaient encore au XIXe siècle fontaine du Roi et fontaine de la place.[3] La fontaine du Roi procure, selon un observateur du début du XIXe siècle, « une eau fraiche, limpide, d’une saveur agréable » tandis que celle de la Place une eau « aussi limpide mais moins fraiche ».[4] A l’époque, ces deux fontaines suffisaient amplement à tous les besoins de la population.

Les fontaines de Saint-Emilion étaient connues pour abriter des colonies de petits coquillages, les Pisidium Casertanum, qui ont malheureusement aujourd’hui totalement disparus .[5] Particulièrement résistants aux souillures des lavoirs, ce sont ces mêmes coquillages que l’on a retrouvés à Pompéi et qui permettent aujourd’hui aux chercheurs de déterminer les zones polluées ou non de la cité antique.[6] A Saint-Emilion, le bouleversement écologique de notre modernité aura activé leur disparition.
Si le bas de la ville et la vallée de Fongaban bénéficient d’une eau courante en abondance, ce n’est pas le cas du plateau qui dut son eau de consommation au creusement de puits. Aussi, les puits de la ville basse ont tendance à être fortement privatifs, soit insérés dans les jardins, soit mitoyens sur deux habitations, tandis que les puits de la ville haute sont volontiers hors-murs et à destination commune. Voici une sélection des principaux puits et sources de la cité :
